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http://freekareem.rsfblog.org/

1406441132.jpgDans sa dernière lettre adressée à un ami, Kareem déclare qu’il se sent désespéré et ne sait pas si sa situation va s’améliorer.
« J’ai peur que la prison me brise comme elle l’a fait pour d’autre » écrit-il.
C’est très difficile pour lui et Il souffre de son emprisonnement surtout qu’il n’a rien fait de mal.
Il dit clairement qu’il a besoin de soutien des gens. Ce soutien est la seule chose qui peut garantir sa force. Il demande à ceux qu’ils lui écrivent de ne pas arrêter de le soutenir car cela l’aide vraiment.
Kareem Amer
Borg el Arab prison, Section 22 Cell 1 Alexandria, Egypt

04.09.2008

ÉGYPTE : LA RÉPRESSION DE L’UTILISATION DE L’INTERNET PREND DE L’AMPLEUR

Tandis que sa blogosphère prospère, l’Égypte trouve de nouveaux moyens de réprimer les blogueurs et autres usagers de l’Internet.

Le 9 août, le Réseau arabe d’information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) rapportait que le gouvernement égyptien oblige maintenant les cafés Internet à rassembler et à conserver des renseignements personnels – notamment les noms, adresses de courriel et numéros de téléphone – des usagers de l’Internet. De plus, les usagers des cafés Internet doivent posséder un téléphone mobile afin de pouvoir vérifier leurs renseignements personnels, y compris un numéro d’identification personnel.

Selon l’ANHRI, ces mesures équivalent à de la censure, violent la vie privée, découragent l’accès aux renseignements sur l’Internet et violent la libre expression des forums en ligne. D’après le Centre (officiel) de soutien aux renseignements et aux décisions, l’Égypte compte plus de 162 000 blogueurs, dont la plupart ont entre 20 et 30 ans, qui constituent 30 pour 100 de tous les blogueurs arabes.

Trente jeunes militants arrêtés à Alexandrie en juillet étaient membres du groupe Facebook, qui compte 64 000 membres et qui est relié au Mouvement du 6 avril, d’opposition, indique le site web Menassat. Quatorze des militants détenus, connus maintenant sous l’appellation de « Jeunes de Facebook », ont été relâchés avant le 4 août; aucun d’eux n’a été formellement inculpé de quoi que ce soit.

Mohammed Refaat, un blogueur arrêté le 21 juillet, devait être relâché le 17 août. Mais les autorités se sont prévalues de l’état d’urgence en vigueur depuis 40 ans pour le garder en prison, indique Reporters sans frontières (RSF). Refaat avait été arrêté pour avoir « offensé les
institutions de l’État », « mis en danger la sécurité publique » et « avoir utilisé l’Internet pour inciter d’autres personnes à manifester et faire la grève » – « mais il n’y a rien de politique dans blogue », maintient RSF.

On continue par ailleurs à utiliser les vieux moyens pour réprimer la libre expression.

Un avocat ayant des liens avec le parti au pouvoir a exigé qu’une cinéaste égyptienne éminente soit flagellée, rapporte l’ANHRI le 13 août. L’avocat a demandé que Enas El-Dighaidy reçoive 80 coups de fouet à cause de son film « Journal d’une adolescente », qui selon lui diffame l’Égypte.

De telles affaires « Hesba » contre les auteurs et les artistes, qui font intervenir des allégations d’insulte à Dieu, peuvent être déposées par des avocats ou par le gouvernement, et elles se sont considérablement multipliées au cours des deux dernières années, signale l’ANHRI. Dans
l’affaire « Hesba » la plus retentissante, le journaliste Ibrahim Issa doit comparaître devant le tribunal le 28 septembre pour tenter de faire renverser une peine de six mois de prison. Dans une autre affaire distincte, Issa et trois rédacteurs comparaissent en cour le 6 septembre.

Aussi en août, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a commémoré le cinquième anniversaire de la disparition d’un éminent journaliste, que les autorités égyptiennes ne reconnaissent pas. Reda Helal, un rédacteur chevronné au grand quotidien égyptien « Al-Ahram », propriété de l’État, est disparu le 11 août 2003 tandis qu’il rentrait chez
lui dans la partie du Caire remplie d’immeubles gouvernementaux et de missions diplomatiques.

Consulter les sites suivants :
– Répression de l’Internet : http://tinyurl.com/5gqag5
– Pratique du blogue en Égypte : http://tinyurl.com/5dvpme
– « Jeunesse Facebook » : http://tinyurl.com/5snmo8
– Flagellation exigée : http://tinyurl.com/5c4799
– Poursuites judiciaires « Hesba » : http://tinyurl.com/63mr9b
– Anniversaire de la disparition : http://tinyurl.com/67ubyn

01.09.2008

Le cyberdissident Kareem Amer ne peut plus voir la lumière du jour : Reporters sans frontières dénonce ses conditions de détention

Reporters sans frontières dénonce les conditions de détention du blogueur Abdel Kareem Nabil Suleiman (“Kareem Amer”), détenu depuis le 6 novembre 2006 dà la prison de Borg El Arab (40km d‘Alexandrie). Il lui est interdit de sortir de sa cellule. Ses livres lui ont également été confisqués et son état de santé se dégrade suite aux mauvais traitements dont il est victime.

“Ses conditions de détention sont inacceptables. Kareem Amer est victime d’un acharnement scandaleux de la part des gardiens de la prison. Non seulement ils l’empêchent de quitter sa cellule, mais ils poussent régulièrement ses codétenus à le battre. Son état de santé se dégrade à vue d’œil sans qu’un médecin puisse l’examiner. Nous demandons sa libération immédiate“, a déclaré l’organisation.

Le 31 août 2008, son avocate, Rawda Ahmed, est allée lui rendre visite. Il lui a alors confié que les gardiens l’empêchaient de sortir de sa cellule. Selon elle, “il est malade et maltraité par le personnel carcéral“.

Kareem Amer, 22 ans, a été condamné à quatre ans de prison le 22 février 2007 pour “incitation à la haine de l’islam“ et “insulte au président“ après avoir publié des articles sur son blog (www.karam903.blogspot.com). Il dénonçait régulièrement les dérives religieuses et autoritaires du gouvernement de Hosni Moubarak, critiquant notamment les plus hautes institutions religieuses du pays, en particulier l’université sunnite Al-Azhar, dans laquelle il étudiait le droit.

Reporters sans frontières a décerné le prix “Cyberlibertés“ à Kareem Amer le 5 décembre 2007. En Egypte, il est le premier blogueur condamné en raison de son activité sur Internet et celui dont la peine est la plus longue.

L’Egypte est classée 146e sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières et qualifiée d’ “Ennemi d’Internet“ par l’organisation.

http://freekareem.rsfblog.org/

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